A la découverte de l’unité 23 dite HLM-Grand Medine des Parcelles Assainies

A la découverte de l’unité 23 dite HLM-Grand Medine des Parcelles Assainies

Pour le premier numéro de notre rubrique « QUARTIER A LA UNE », Xibaaru Parcelles est allé à la découverte des HLM Grand Médine. Dans cet entretien, c’est le chef de quartier qui nous fait plonger dans l’univers mythique de ce quartier qu’il dirige depuis 2008.

Xibaaru Parcelles : Monsieur le Délégué de quartier pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Monsieur Thiéyacine Fall : je suis des années 40 pas du tout jeune, j’ai fait l’école à Nioro du Rip, à Saint-Louis et à Dakar. C’est en 1960 que j’ai commencé à enseigner. De 60 jusqu’à 1970, j’ai enseigné  dans les écoles primaires, après les années 70, je suis parti au Centre de Formation Pédagogique (CFP) où l’on forme les enseignants. Du CFP, je suis parti à l’Université de Dakar à l’office du Bac où j’ai travaillé de 1980 à 1996. Voilà en gros qui je suis.

Merci vous venez de décrire qui vous êtes, mais aujourd’hui vous êtes délégué de quartier comment êtes-vous arrivé à cette nomination ?

C’est en 1990 que l’ancien Chef de quartier feu Pape Assane Diop, que j’ai  connu lorsque j’étais à l’Office du BAC,  parce qu’il était juriste d’orientation, et que  je l’envoyais tous les candidats au baccalauréat pour leur bonne orientation. Ensuite, on s’est  retrouvé comme des parents. Un jour après avoir pris son thé ici (Chez moi), alors qu’il sentait la maladie le gagner, il m’a dit qu’il voudrait bien s’appuyer sur moi pour le représenter, dès fois, à certaines  réunions. Alors, il a ainsi écrit une lettre au maire d’alors, monsieur Mbaye Ndiaye, pour lui dire qu’il voudrait que je sois son adjoint. Ce qui a été fait et lorsqu’ il est décédé (YALLA NAKO YALLA YEREUM), Mbaye Ndiaye, ayant la lettre avec lui a cru bon d’envoyer une correspondance au ministère de l’intérieur pour demander à ce que je sois nommé Délégué de quartier. En ce moment-là, il n’y avait pas d’élections de Délègue de quartier parce qu’actuellement le délégué est élu (s’il n’y a pas de consensus entre les prétendants), mais pendant ces périodes là les délégués de quartier sont nommés directement par le ministère de l’intérieur. C’est comme ça que je suis devenu délégué de quartier des HLM Grand Médine.

Comment décrirez-vous ce quartier ?

Ce quartier c’est une cité dortoir, parce que pratiquement tous ses habitants sont des fonctionnaires et commis de l’administration. C’est l’Unité 23  des Parcelles assainies, mais à cette époque des années 80- 90, on avait constaté que beaucoup de fonctionnaires n’avaient pas de logements, et l’Etat  a cédé  l’Unité 23 à OHLM pour y  construire des maisons pour les fonctionnaires qui n’étaient pas logés.  C’est pourquoi,  on retrouve ici des fonctionnaires, des enseignants, des militaires afin bref, c’est un melting pot. L’occupation des HLM-GM remonte en 1984, un an après la réunion de la Commission de distribution des logements. Cependant, les premiers habitants se sont installés en 1983 et la plus grande majorité entre 1984 et 1985. Les premières  maisons étaient construites  en  tôles ondulées, mais actuellement, on trouve rarement aux HLM une maison en tôle. Ce qui fait que son architecture d’antan a quasiment disparu. Les acquéreurs  de ces lots ont  été favorisés par l’Etat qui leur prêtait de l’argent pour qu’ils puissent construire et rembourser par la suite  petit à petit. C’est pourquoi beaucoup de personnes en ont  bénéficié pour refaire leur maison correctement sauf ceux qui n’ont pas cotisé.

Comment à votre titre de délégué de quartier vous arrivez à gérer  et à régler les problèmes des « deux unités » de ce quartier ?

En réalité ce n’est pas deux unités les HLM GM constitue une seule et même entité.  Je  vais vous  raconter l’histoire de l’érection du quartier. Il avait deux entrepreneurs, d’abord Cheikh Ngom qui a commencé de la mer à la rue qui mène vers Dior, et GAZZY de Dior vers l’Unité 24 et 26. En réalité, c’est une seule et même entité HLM GM ou unité 23. Le nombre de maisons  était  une pure volonté des hlm. Aujourd’hui, les HLM GRAND MÉDINE souffrent de manque d’espaces, car ceux qui étaient réservés pour des infrastructures, ont malheureusement été morcelés et distribués à des militants par l’OHLM. C’est ce qu’on appelle les extensions vous en avez aux cotés de l’Unité 26 et 24. Toutes ces franges d’habitations étaient des réserves foncières pour des infrastructures aux besoins de la population, c’est également le cas d’une boutique qui se trouve en face de Diamalaye et tout ce qui longe cette rue-là sont des extensions alors que c’était des terrains nus, malheureusement tout a était construit et actuellement les HLM ne disposent d’aucun terrain, ni extension et ni érection d’infrastructures possible dans ce quartier. C’est malheureux. Même le terrain de pétanque n’existe plus, ça également c’était le problème de l’ancien maire MBAYE NDIAYE qui l’a vendu à quelqu’un qui y a érigé un bâtiment à but commercial. Les HLM-GM, malgré son étendue, ne dispose que d’une seule école primaire, pas d’équipement sanitaire, ni aucune infrastructure d’utilité publique simplement du fait de son manque d’espace.

Est-ce que le Conseil de quartier des HLM-GM continue à fonctionner ?

Le Conseil de quartier a fonctionné à un moment donné, mais malheureusement,  les gens ne venaient plus en réunion. Nous n’avions pas les moyens de fonctionnement parce que  pour faire certaines démarches, il faut  un budget et la mairie n’a jamais voulu le débloqué. Mais nous le comprenons parce que tout simplement le Conseil de quartier n’était pas un organe institutionnel réglementaire, donc la mairie ne pouvait pas s’appuyer sur un texte quelconque pour l’instaurer, valider ses décisions et le financer. C’est ainsi que beaucoup de conseils de quartier ont disparu.

De quelle manière l’administration locale contribue-elle au développement de ce quartier ?

On se réjouit de l’action de la municipalité dans ce quartier, parce que nous avons d’abord d’excellentes relations avec la mairie et son Conseil municipal. Monsieur le maire moussa SY aime tellement ce quartier. Il a presque goudronné toutes les rues et les agents de désensablement viennent les balayer très souvent. Du point de vue  de l’éclairage, de la sécurité et protection, aussi Dieu merci, vraiment le maire est en train de faire un travail remarquable dans tous les quartiers.

Est-ce qu’il y a une journée ou une période qui est dédiée au quartier ? 

Pour dire vrai ça n’existe pas. Mais par contre il y a une association qui fédère toutes les associations du quartier. Elle se réunit régulièrement pour voir les sujets que l’on peut aborder ensemble, pour étudier tous les problèmes des HLM GRAND MÉDINE. Dont le Coordinateur est monsieur SAMB. C’est un peu difficile de faire une manifestation qui regroupe tous les habitants.

Revenons sur les fonctions du délégué de quartier.

Le délégué de quartier, c’est un tampon entre la population et la municipalité, c’est-à-dire transmettre leurs problèmes à la mairie et vice-versa.

Il y avait des conflits de compétences ici concernant la construction de salles de classes, quel rôle a joué  le chef de quartier que vous êtes ?

Concernant le problème de cette école,  nous avons demandé à monsieur le maire de revoir un tout petit peu l’école et de reconstruire les salles de classes. Effectivement, il a accepté. Il nous avait promis qu’il allait le faire en 2015. Malheureusement, il a eu une incompréhension et le budget qui était prévu pour reconstruire l’école a été transféré ailleurs. Par la suite une délégation était partie voir le maire pour essayer d’aplanir la situation, il a été très compréhensif et a compris que c’était une erreur de part et d’autres, donc faut pas en tenir compte. Et il avait promis de le remettre au budget prévu en 2017 et effectivement il a commencé les travaux. Et en cette année, vers le mois mars et avril, peut-être que  ça c’est purement politique, des politiciens en mal des élections sont venus  me voir dans la nuit pour me demander d’intervenir auprès du maire pour leur permettre de construire l’école. Je leur ai dit écoutez si vous êtes enfants des Parcelles vous ne devez voir que  l’intérêt des Parcelles et si vous avez quelque chose à proposer aux Parcelles assainies, il vaut mieux passer par le maire parce que quand on part dans une maison on passe d’abord par la porte principale et ici  le chef de maison c’est le maire. Je pense que ma réponse ne les a pas satisfaits. Un jour on s’est réveillé on a vu du sable, des gravats et tout. Le maire a été informé et lui aussi avec ses sources d’informations a su la personne qui était derrière tout cela. Il a fait enlever le tout. On s’est réuni avec le maire, certains membres du ministère et la direction de l’école  et on a arrêté un plan de travail. C’est ainsi que l’affaire a été éteinte et chacun sait là ou il doit aller et là où il doit s’arrêter.

Il me semble que vous avez un problème entre la villa N°1 des HLM GRAND MÉDINE et l’unité 19,  des problèmes d’assainissement. Qu’en est-il au moment où je vous parle ?

Là également le maire a entamé des travaux  parce que nous avons des problèmes d’évacuation d’eaux usées,  mais actuellement  si vous allez dans les différentes rues là vous verrez que le maire  est entrain de régler cela. Le quartier s’est élargi et les tuyaux devenus trop petits, ils sont en train de les agrandir.  J’espère que si les tuyaux sont bien faits et les égouts sur la mer en ce moment nous n’aurions plus de problèmes.

Donc vous n’avez pas assez de problèmes à part ceux d’espaces ?

Non nous touchons du bois. Nous nous sentons très bien ici et la population des HLM Grand Médine, c’est de la crème si je n’abuse. L’amitié va bon train, si nous avons des problèmes, nous les gérons et trouvons des solutions ensemble. Nous sommes très bien ici, les gens sont trop polis, bien racés, c’est des familles de ou d’anciens fonctionnaires, c’est normal. Donc on est très bien ici.

Votre dernier mot

Je remercie beaucoup la population et je l’ai  toujours dit, à chaque occasion, à qui veut l’entendre, vous monsieur le Maire, vous réglez  quotidiennement des problèmes qui sautent à vos yeux. Dieu merci, nous n’avons aucun problème. L’environnement n’est pas toujours hostile à la population. À la mairie aussi, nous disons merci, parce que vraiment on s’occupe bien de nous.

 

SSD

 

 

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