40.000 LETTRES DE RECOMMANDATIONS POUR LES ETUDIANTS SELON THEODOR EKWALLA, DIRECTEUR DE CABINET DU MAIRE MOUSSA SY

40.000 LETTRES DE RECOMMANDATIONS POUR LES ETUDIANTS  SELON THEODOR EKWALLA, DIRECTEUR DE CABINET DU MAIRE MOUSSA SY

 

OCTROI DES BOURSES

Depuis fin 2012 début 2013, nous octroyons des bourses en faveur des jeunes des Parcelles Assainies, mais aussi d’autres localités du Sénégal.

Donc, ce qu’il faut comprendre d’abord c’est la philosophie qui est à la base de cette action.

C’est depuis 2009, avec l’avènement du maire Moussa Sy, à la tête de la municipalité, nous avions reçu beaucoup de demandes de jeunes de la localité qui souhaitaient être aidés par la municipalité pour leur formation professionnelle et même dans le domaine de l’éducation.

Toutes les demandes que nous recevions à l’époque, nous les renvoyions à la Ville de Dakar car nous n’étions pas compétents à l’époque. Nous étions une Commune d’arrondissement. Et cette dernière n’avait aucune compétence à octroyer ni aide ni soutien et ni bourse aux étudiants. Nous étions compétents uniquement pour ce qui concerne le cycle élémentaire. Je devrais même dire la maternelle, parce que l’élémentaire relevait de la compétence de la Ville de

Dakar et pendant une longue période nous avions invariablement redirigé les demandes des étudiants vers soit la Ville de Dakar, soit le défunt Conseil régional de Dakar. Mais nous avions vu également que nous ne pouvions continuer à renvoyer les étudiants vers la Ville de Dakar ou le Conseil régional. Il nous fallait essayer de trouver comment répondre à cette demande pressante des jeunes de notre localité et de ne pas nous contenter simplement de répéter inlassablement que nous étions incompétents.

PROCESSUS POUR L’ATTEINTE DE CET OBJECTIF

Je dois vous dire pour la petite histoire que c’est d’abord ENSUP’ Afrique qui nous a proposé la première des bourses pour les étudiants. Cette formule de bourse entière et demi bourse, donc ces bourses étaient à l’époque destinée aux seuls étudiants des Parcelles Assainies. C’est avec ENSUP’ Afrique que nous avons commencé cela et je me rappelle qu’à l’époque, nous recevions entre dix, quinze et vingt étudiants, mais qui étaient essentiellement des Parcelles Assainies. Ainsi la première année était une année test où nous avions eu pour seul partenaire ENSUP’ Afrique.

Je peux même dire que pendant une année et demie, elle a été notre seul partenaire. Maintenant d’autres écoles sont venues par la suite nous voir pour solliciter et nouer ce partenariat.

Nous utilisons également le canal des étudiants qui souhaitaient avoir les bourses d’ENSUP Afrique et pour d’autres établissements. Ce que nous faisions, c’est que nous leurs délivrions des offres de partenariat que nous avions envoyés à beaucoup d’écoles et pratiquement elles ont toutes répondu favorablement au type de partenariat que nous leurs proposions.

ETABLISSEMENTS PARTENAIRES

Aujourd’hui nous avons près de 80 écoles partenaires. Toutes ces écoles ont compris le plaidoyer que nous leurs avons présenté, pour leurs dire que ces bourses c’était surtout pour pouvoir aider les jeunes à accéder à la formation professionnelle. Nous étions partis du constat que la formation coûte chère au Sénégal, parce que vous savez que les prix moyens tournent autour de 50.000 F.CFA et plus et beaucoup de gens ignoraient que le SMIG qui est le salaire minimum interprofessionnel garanti ne faisait même pas 40.000 F.CFA.

Alors, quand on dispense des cours à hauteur de 50.000 F.CFA par mois, cela veut dire qu’il y a une frange de la population qui en est exclue et nous ; nous pensons que sans tomber dans l’exclusivisme on pouvait faire en sorte que la majorité des étudiants des parcelles puisse accéder facilement à la formation professionnelle. Ici, au niveau de la mairie des Parcelles

Assainies, avec le maire Moussa SY qui a compris que la population de sa localité est une population d’obédience jeune, et plutôt que d’en faire un poids mort à supporter par la municipalité, il fallait justement en faire un levier puissant. Et c’est ce qui nous a permis au niveau des Parcelles Assainies de valoriser nos ressources humaines.

NOMBRE DE BENEFICIAIRES

Jusqu’en fin 2016 nous avons signé un peu plus 40.000 lettres de recommandation. L’année 2016 a été vraiment l’année je dirais, où nous avions fait un boom et nous avions signé 15.000 lettres. Alors, l’enseignement que l’on tire un peu de tout cela, c’est que la demande en formation, la demande en éducation est une demande sociale et c’est cela qui explique que le maire Moussa SY ait mis l’éducation et la formation dans le domaine d’action prioritaire et c’est cela qui explique également que des moyens importants ont été mis dans le budget pour justement faire face à tous ces besoins exprimés par le monde éducatif au niveau des Parcelles

Assainies.

CRITERES DE SELECTION

La mairie a souhaité simplement rester dans son rôle d’interface, c’est-à-dire mettre en relation les étudiantes et étudiants avec les écoles de formations. Et, maintenant pour tout ce qui concerne le volet pédagogique et le volet financier nous le renvoyons aux établissements qui ont chacun des politiques d’admission et des choix sur le profil des étudiants. Pour ne pas alourdir le travail que nous faisons, nous avons souhaité que l’admission des étudiants se fasse au niveau des écoles. Donc, pour bénéficier de la bourse, il suffit simplement de présenter une pièce d’identité et un certificat de domicile pour que nous puissions contrôler l’origine des étudiants qui viennent nous voir.

RETOMBEES SOCIALES, ECONOMIQUES ET POLITIQUES

Je vais commencer par la dernière question. Mais bien sûr qu’il y a des retombées politiques parce que la mission première de la municipalité, c’est justement de répondre à la demande sociale, c’est faire de la politique. Et cela permet de contribuer à la mise en place des actions qui permettront d’améliorer la vie des citoyens et dans ce cadre-là, nous faisons effectivement de la politique, mais citoyenne et juste. Pendant les quatre premières années, il n’y avait pas de retombées économiques dans le sens où, tous ses services que nous mettions à la disposition des étudiants n’étaient pas facturés. Mais vous savez que derrière cela, il y avait énormément de charge en terme de personnel, intrants, papiers, cartouches, etc.

Et c’était vraiment une charge qui est allée crescendo durant ces quatre années, au point d’être intenable ses dernières années. Donc, à certains moments, la mairie s’est retrouvée en rupture de papiers, de cartouches etc. Parce que simplement, il y avait une demande accrue des étudiants.

Tout cela faisait que les charges que représentent ces bourses, étaient devenues intenables.

L’APPRECIATION DES PARTENAIRES

Je peux vous dire que la majorité des écoles sont toutes satisfaites dans le sens où elles remplissent leur établissement. Car, elles sont revenues à des coûts, des tarifs accessibles aux jeunes et je pense que cela est une des réussites de ce projet qui a permis véritablement de faire en sorte, qu’une multitude de jeunes qui avaient perdu tout espoir, ont pu reprendre le chemin de l’école. Quand un jeune est en train de suivre une formation, son horizon est beaucoup plus clair, il a de l’espoir et nous, au niveau de la Commune des Parcelles Assainies, nous souhaitons que ces jeunes soient remplis d’espoir, d’un lendemain meilleur car c’est ce qui fait avancer une nation.

LES ATTENTES DE LA MAIRIE

Nos souhaits c’était justement que cette opération soit une réussite et elle en est une. Quand nous arrivons à répondre à cette forte demande sociale dont je viens de vous parler tout à l’heure et quand on voit aussi les étudiants qui viennent de partout pour solliciter des bourses, nous pouvons dire que nous sommes satisfaits. De ce point de vue, cette opération des bourses peut être considérée comme un succès ?

DIFFICULTES RENCONTREES

Comme je vous les ai dit tout à l’heure; c’était d’abord les intrants parce qu’il fallait pouvoir disposer du papier, des cartouches, du personnel pour pouvoir répondre rapidement à cette demande.

Si vous voulez, c’est dans les difficultés économiques. Mais également vous savez une municipalité vit dans un environnement politique et vous avez toujours des gens, quelque fois de très mauvaise foi, qui ne sont pas en phase avec ce succès, qui posent des questions. Au début, les questions qui étaient posées même au niveau du Conseil municipal étaient de dire : où est-ce que le maire Moussa SY puise l’argent qu’il distribue au niveau du Sénégal ? Ils pensaient que les bourses de la mairie provenaient du budget. Même les conseillers municipaux se posaient la question de savoir pourquoi le maire faisait cela.

Alors que dans le budget qui a été procréé aucune ligne ne permettait au maire d’octroyer des bourses et aides. Ils ne comprenaient pas que nous soyons dans une dynamique d’offrir des bourses et que ces bourses ne proviennent pas du budget de la commune. Donc ces bourses-là vraiment pour tranquilliser encore tout le monde, ce sont des bourses qui sont mises à notre disposition par les écoles. Ce sont des réductions sur les scolarités, ce sont des facilités qui sont mises à la disposition des étudiants par le canal de la mairie et donc ce sont ces écoles-là qui supportent le poids des bourses et la municipalité ne fait que transmettre ce qui lui a été donné aux étudiants. Malgré tout, des critiques persistent, des critiques très mal fondées, c’est pour cela que le maire a souhaité à partir de cette année, de faire en sorte que les bourses puissent être gérées en partenariat avec une institution qui pourra prendre en charge l’octroi des bourses aux étudiants et le faire de manière professionnelle tout en rendant compte à la municipalité qui est en partenariat avec les écoles.

C’est dans cet objectif que la mairie est en partenariat avec l’Offi ce pour la promotion de l’éducation et la formation au Sénégal (OPEF), pour faire en sorte que ce travail qui a été effectué durant quatre années par la municipalité des Parcelles Assainies, puisse être transposé et confi é à un privé pour que vraiment ce projet des bourses puisse continuer.

SOLUTIONS ENVISAGÉES POUR RÉSOUDRE LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES DURANT CES QUATRE ANNÉES

Aucune solution n’est prise  définitivement, ceux qui sont prises le sont en fonction du temps et ponctuellement à des moments voulus. Il est certain que la solution d’octroi des bourses arrange beaucoup de personnes, mais il y a encore d’autres jeunes qui n’ont pas encore suffisamment de moyens même payer avec une bourse entière bien qu’une demie bourse. C’est pour cela qu’avec la collaboration de la mairie des Parcelles Assainies nous allons essayer de trouver des partenaires pour aider ces jeunes dont les parents sont démunis pour qu’eux aussi puissent accéder à la formation professionnelle et avoir un avenir radieux. 

FONCTIONNEMENT DE L’OPEF

L’OPEF, c’est l’Office pour la promotion de l’éducation et la formation. Aujourd’hui l’OPEF ne fait que reprendre le partenariat qui existe avec la mairie des Parcelles Assainies et c’est elle qui octroi les bourses aux étudiants, maintenant il y a dans ce contrat avec la municipalité le fait que les écoles primaires qui au paravent étaient gérées par le service des bourses pour les écoles secondaires et même primaires ne seront pas facturées. Le partenariat entre l’OPEF et la municipalité est un partenariat public privé pour faire en sorte que la municipalité reste dans ses prérogatives publiques et qu’elle le fasse bien. 

MODALITES DE PARTENARIAT AVEC L’OPEF

Je vous disais que la mairie a confié la gestion des bourses à l’OPEF.

Maintenant l’OPEF qui est une structure privée réclame des frais de dossiers qui seront à la portée de la majeure partie des étudiants. Car, si l’on sait que les frais qui sont réclamés par l’OPEF aux étudiants, je vous dirais que pour un étudiant qui bénéficie d’une bourse entière en première année jusqu’en troisième année, il ne va payer en termes de frais de dossiers que la somme de 11.000 F.CFA c’est-à-dire 5.000 F.CFA pour une bourse entière en première année, 3.000 F.CFA pour le renouvellement pour la deuxième année et 3.000 F.CFA encore pour la troisième année. Cela veut dire que l’étudiant ne débourse que 11.000 et derrière, il a la possibilité de bénéficier d’une formation qui est octroyée par ces 80 établissements dont je vous parlais tout à l’heure.

 LE MOT DE LA FIN

L’environnement politique aux Parcelles Assainies fait que souvent on a envie de tout laisser tomber pour arrêter les critiques, pour nous mettre à l’ombre, à l’abri des calomnies, mais nous avons également le sentiment que quand nous accomplissons ces différents services, nous le faisons dans un objectif citoyen et nous le faisons pour tous ces jeunes qui ont besoin d’aller en formation.

Nous le faisons pour le Sénégal. Nous voulons également dire que cette émergence et ce développement dont on parle, ne peut se faire qu’avec des jeunes, des personnes qui disposent d’une formation et qui ont reçu une bonne éducation. Et, je crois que cette image que vous avez à l’entrée de l’hôtel communal où le maire dit qu’il est de ceux qui pensent qu’il faut mettre des moyens accrus dans le domaine de l’éducation, est positive. Je pense que c’est cela notre souhait le plus cher ; faire en sorte que la majorité des jeunes puissent donc disposer de formation de qualité ; tout en restant ici au Sénégal.

Je voudrais aussi faire une petite parenthèse sur ces jeunes désespérés qui vont se jeter dans la Méditerranée.

Ce ne sont pas des jeunes qui ont leur Master, CAP, BTS ou Licence. Ce sont des jeunes qui n’ont aucune formation qui se disent : mais si je reste ici, dans ce pays-là, je n’ai pas de formation je n’ai pas de diplôme, je n’ai rien, autant allé tenter ma chance ailleurs. Mais nous pensons que tous les jeunes Sénégalais ont leur chance ici. Il faut que l’Etat du Sénégal soit conscient de cette responsabilité énorme qu’il a envers sa jeunesse, pour faire en sorte que cette jeunesse ne soit pas une jeunesse désespérée mais une jeunesse pleine d’espoir.

 

Propos recueillis par

Ndèye Ngone KAMARA,

Mariama NIANG et Albert DASYLVA

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